La presqu’île de Plougastell a la particularité de n’avoir pas connu de véritables remembrements. Cela est du notamment à la culture de la fraise qui était, jusque dans les années 1950-1960, produite en pleine terre et très répandue sur l’ensemble de la commune. Durant des décennies, les paysans ont transmis leurs terres aux générations suivantes en les divisant en des lopins de plus en plus petits. Résultat : les surfaces des parcelles sont parfois de l’ordre de quelques centaines de mètres carrés, souvent en longueur avec de très petites largeurs.
Aujourd’hui, la fraise, comme la tomate d’ailleurs, est quasi exclusivement cultivée en serre et hors sol. Les terres, autrefois toutes cultivées, sont pour beaucoup boisées (regardez les photos aériennes de la presqu’île des années 50 et cherchez les espaces boisés !).
Aujourd’hui, beaucoup d’habitants continuent à utiliser ces petits tracteurs, pour cultiver, entretenir les terrains, couper du bois, et réaliser toutes sortes de travaux. Ils sont jeunes ou plus âgés, et ils ont souvent un rapport tendre avec leur tracteur.
En tant que fils de paysans, ces tracteurs m’ont naturellement attiré. J’ai ainsi commencé à arpenter la campagne de Plougastell. Grâce au bruit des vieux moteurs si particulier, il m’a été facile de les trouver derrière les talus.
Pour ce projet, j’ai choisi de travailler au moyen format , en utilisant le Holga. C’est un appareil construit en Chine à partir des années 1980 qui est depuis rentré dans la grande famille de la Lomographie. C’est un boîtier très rudimentaire.
Photographies réalisées entre 2008 et 2011, série inachevée.
Prises de vue au Holga 120, développement C41 sur Jobo ATL2.